Film du placard #10

Dead Sushi (Noboru Iguchi, 2012)

On ne le dira jamais assez : les japonais sont souvent complètement fous ! Qu’on s’entende, hein, je ne suis pas en train d’insulter les habitants du pays du Soleil-Levant. Ce que je veux dire par là, c’est que leurs œuvres, qu’elles soient musicales, graphiques, cinématographiques ou autres dépassent souvent notre conception occidentale des choses ! Pour ma part, cela fait seulement peu de temps que je commence à apprécier réellement certains films asiatiques. Je crois que Dead Sushi de Noboru iguchi y est pour quelque chose.

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Dead Suhsi, c’est japonais, vous l’aurez deviné !

Habitué aux nanars direct to video à la sauce of the dead, je n’ai pas eu peur d’affronter cet ovni venu tout droit de l’archipel nippon. Certes, je ne m’attendais pas à du cinéma de grande volée, mais je m’attendais tout de même  à passer au moins un bon petit quart d’heure. Et si je précise « quart d’heure » c’est que, par expérience, je sais que ce genre de film déjanté donne tout en 15 minutes avant de redescendre comme un mauvais soufflé au fromage pendant l’heure restante. Non je n’ai pas dit L’attaque des tomates tueuses… Hum..

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Keiko, une jeune fille bien mignonne dont le destin est lié…aux sushis !

Le trailer nous annonçait « Sushi violence« , c’est ce qu’on va voir !

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C’est parti pour la « Sushi violence » !

L’histoire, c’est celle de la jeune Keiko, ultime descendante d’une lignée de maîtres sushi ! Oui oui, une lignée de maîtres sushi ! À ce titre, elle doit donc suivre un entraînement qui fera d’elle la plus fine des cuisinières. Mais voilà, notre jeune demoiselle a d’autres idées en tête… Son apprentissage est trop long, trop fatiguant, trop fastidieux. C’est ce que nous montre parfaitement la première scène déjantée de ce film ! Le tout monté et accéléré à fond avec une musique métal pour le côté épique, of course.

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Partir du foyer familial, c’est l’occasion de rencontrer plein de gens biens…

De ce que j’ai compris ensuite, Keiko fuit le domicile / restaurant familial pour trouver une place de servante (plutôt servante que serveuse, je confirme) dans une auberge de campagne. À peine arrivée, elle doit assurer le service pour un comité d’entreprise pharmaceutique. Les clients, ces goujats, la maltraitent, se moquent de sa maladresse et ne pensent qu’à manger des suhis au poisson (pas à l’œuf hein, au poisson on a dit) ! Il semblerait qu’elle soit tout de même prédestinée à faire des satanés sushis. Tout le monde lui dit, et elle ne peut supporter de voir des petits plats mal élaborés. S’en suit, donc un combat avec le chef cuistot et les commis. Ah ben oui, pourquoi pas…

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Combat épique entre plusieurs puristes des sushis. Notre petite Keiko semble se défendre à la bagarre !

Après ce léger incident, la bonne humeur re-descend rapidement. Un ancien employé de la firme viré quelques temps plus tôt a décidé de foutre un peu la m… enfin de semer la pagaille quoi. Au lieu de simplement pourrir la soirée et d’insulter tout le monde comme le ferait n’importe qui, il empoisonne les sushis. C’te bâtard ! Il est important de rappeler que le travail de ce type consistait à créer des sérums capables de redonner vie aux organismes morts. Le mec n’en est donc pas à son coup d’essai et si vous voulez mon avis, c’était pas super malin de se le mettre à dos !

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Les souvenirs de Dr Zombie Sushi !

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Et un calamar zombie pour la 2, un !

Et voilà après cette première demie-heure déjà bien chargée, voilà que les choses accélèrent encore plus. Tout le monde se bat, les sushis volent, deviennent cannibales (why not ?) et s’en prennent désormais à qui a le malheur de croiser leur chemin. Seul Omelettine, un gentil sushi à l’œuf capable de cracher de l’acide aidera notre chère Keiko a s’échapper de cette auberge de fous ! Et parce que le « what the fuck » ne doit pas s’arrêter là, Omelettine nous gratifie d’une chanson… Un sushi avec des dents qui chante ? Check !

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Omelettine, le gentil sushi végétarien qui crache de l’acide… Parce qu’un moment, il n’y a plus rien qui nous empêche de faire ça !

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L’attaque de sushis volants, un never-seen dans l’histoire du cinéma !

Pendant ce temps, les employés de la firme pharmaceutique, comme si de rien n’était, continuent à faire la fête. Ils en profitent même pour manger du poisson cru sur des corps de jeunes filles relativement peu vêtues. Ah oui, le trailer nous avait aussi prévenu pour ça, il y aura du « Sushi erotica » !

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Sushi erotica ! C’est tout ce que j’aime ! Palapapapaaaa !

Et voilà, c’est reparti de plus belle et le bain de sang continue, dans la joie et la bonne humeur générale. C’est important de rester positif.

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L’ingestion de sushis zombies provoque saignement et douleurs internes ! Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé ou trop zombie !

Après quelques combats et décapitations aux effets spéciaux douteux, on commence à trouver le temps long. C’est à ce moment que l’ancien employé en profite pour devenir… un homme à tête de poisson. Armé d’un hache, il s’en prend un peu à tout le monde. Merde à la fin, la logique c’est quelque chose de trop galvaudé de nos jours ! Ça semble complètement fou, ça l’est, et à ce stade du film, c’est jouissif… juste jouissif !

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Y’a pas que des sushis, y’a des jolies filles sous la douche et des décapitations bien foireuses aussi !

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Il y a même un homme à tête de poisson avec une hache… Parce que franchement…

Je vous laisse la surprise mais le final est de toute beauté… Armée de sushis, Megazord de sushis, homme à tête de poisson, pouvoir du cri anti-sushi, partie de sexe version sushis, tout cela est un pur régal. Ça fait beaucoup de fois le mot « sushi » mais que voulez vous, c’est un peu (beaucoup) l’élément principal du film !

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Sushis ! Sushis ! Sushis ! Sushis !

Au final, Dead Sushi est un divertissement fun et (mort-) vivant. On ne s’ennuie pas pendant la moitié du film. Non, pour une fois, j’ai pris mon pied. Je me suis laissé avoir par cette surrenchère d’éléments kitshches et par cette imagerie volontairement cheapos. C’est foutraque, c’est mal joué, c’est bon enfant, et c’est tout ça qui en fait un film que je vous conseille. Le métrage s’assume comme un nanar tout en parvenant à ne pas tomber en permanence dans la facilité du cliché. En fait, dès le synopsis, il est facile de comprendre, qu’il existera toujours un décalage permanent qui empêchera de tomber dans le syndrome du nanar conscient de lui même et qui se mord la queue. C’est pas comme dans L’attaque des tomates tueuses… Hum hum…

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Dead Sushi, c’est avant tout des acteurs à fond qui se donnent à 200% !

Pour ce qui est de la photographie, je n’ai pas grand chose à dire, elle est médiocre, on sent le low budget à plein nez. C’est pas ça qu’on cherche ici. Si vous voulez de l’esthétisant, le cinéma japonais en regorge, mais là il semblerait que vous ayez frappé à la mauvaise porte. Niveau FX, je ne peux que m’avouer vaincu… Les sushis volants sont pitoyables et les effets numériques feraient tourner de l’œil à un myope presbyte hypermetrope sans lunettes. Et pourtant… J’aime bien prendre les gens par surprise… On retrouve au FX un certain Yoshihiro Nishimura, réalisateur d’un Tokyo Gore Police connu pour son côté splatter gore ultra chiadé et dont on parlera certainement bientôt ici.

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BEP effets spéciaux, mention passable.

Ah si, parce que je ne veux pas être mauvaise langue, je dois avouer quand même que j’ai adoré le masque de l’homme à tête de poisson et le type dont le visage est écartelé par un calamar sanguinaire. Ça visuellement c’était cool ! Je pense d’ailleurs que les chargés de com’ le savaient car ces images ont été utilisées à fond pour la promo du métrage.

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Sérieux, cette image là, elle est badass non ? Allez, on la fout dans la plaquette de com’ !

Pour conclure, Dead Sushi est un film que je vous recommande chaudement. Que vous soyez fans de nanars ou juste cinéphiles curieux, offrez à ce film une heure et demie de votre vie. Vous en sortirez le sourire aux lèvres avec cette impression que le réalisateur est votre meilleur pote et viens de vous prouver qu’on peut faire un film avec passion, juste parce qu’on a envie et que, il faut l’avouer, il y a moyen de bien se marrer. Sérieux, on dirait presque un Troma ! Et j’aime les Troma ! En trois mots : fun,  passion et sushis !

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