Le Bollywood, kitsch ou pas kitsch ?

Avec ses histoires à l’eau de rose et ses films hauts en couleurs, le cinéma bollywoodien a parfois été qualifié de « kitsch » en Occident, voire de « très kitsch ». Les acteurs indiens continuent cependant à entretenir ce mythe, même en dehors des plateaux télé. Alors, kitsch ou pas kitsch ?



Le cinéma indien, et plus particulièrement le Bollywood, est aujourd’hui en pleine expansion : par an, on compte environ 200 films produits, rien que ça. Mais au fait, c’est quoi exactement le Bollywood ? En plus d’être la plus grande industrie cinématographique du monde à ce jour, c’est tout simplement une contraction entre « Hollywood », la ville mythique des États-Unis, et Bombay, la capitale de l’Inde. Cette union est, en soit, déjà un peu kitsch : s’approprier en son nom un concept développé à plusieurs milliers de kilomètres, pour y mettre sa petite histoire romantique, c’est typiquement kitsch ! D’ailleurs, les histoires d’amour hollywoodiennes sont en principe beaucoup plus discrètes que les Bollywood, où il n’est pas rare de surjouer un peu.

Le Bollywood a subi quelques influences, nationales et internationales, qui expliquent pourquoi le rendu peut paraître si kitsch. D’abord, les Natya Shastra, ou drames en sanskrit, contribuent à donner cette petite touche émouvante propre aux films de Bollywood. Musique et danses indiennes sont au rendez-vous, ce qui donne aussi une dimension comédie musicale, à laquelle l’industrie européenne reste encore un peu frileuse. D’ailleurs, le théâtre folklorique indien du Xème siècle a aussi eu sa petite influence dans l’industrie cinématographique indienne, tout comme le théâtre farsi, où l’on retrouve des caractéristiques propres au kitsch : le réel est mélangé au fictif, la narration l’emporte sur le mélodrame, les danses sont omniprésentes. Enfin, tandis qu’à Hollywood on cherche, dans la mesure du possible, à retranscrire le réel ou des histoires vraies, ce n’est pas le cas du Bollywood, qui s’accorde une liberté totale dans l’interprétation et la mise en scène, quitte à sembler parfois… complètement kitsch !



Pour temporiser cette image « kitsch » que peut avoir le cinéma indien, plus particulièrement le Bollywood, certains grands acteurs se sont faits les défenseurs de cet art, mêlant à la fois intrigue, danses et coutumes traditionnelles. En effet, ces réalisations « Made in Bombay » mettent certains acteurs en valeur, à tel point qu’ils sont tout simplement vénérés : voilà encore quelque chose que l’on pourrait interpréter comme du kitsch. On n’en citera ici que deux : Amitabh Bachchan et Aishwarya Rai.

L’Inde est un pays en pleine expansion et ses stars ne sont pas seulement issues du cinéma bollywoodien : des joueurs de poker comme Aditya Agarwal, qui aime parler de ses origines, sans parler des illustres penseurs comme Gandhi, font partie du paysage de l’Inde à l’échelle internationale. De ce fait, l’Inde, à proprement parler, n’est pas associée à quelque chose de kitsch.



De plus, certains films américains ou français se sont directement inspirés de « l’état d’esprit indien » en matière de cinéma, ne serait-ce que Baz Lurhmann pour « Moulin Rouge ». Ainsi, plus que d’être un ensemble de productions kitsch, le Bollywood a cette capacité d’unir les Indiens, autour d’une passion commune, tout en plaisant (il faut l’avouer) aux Occidentaux. Ce n’est pas pour rien que les ventes de Bollywood en France ont explosé ces dernières années (grâce aussi à l’engouement pour « Slumdog Millionnaire »). Kitsch ou pas, on finit quand même par adorer leur enthousiasme et la beauté de leurs danses. Convaincus ?

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