Weekly Monstrorama #33

Dans le cinéma bis comme partout, il y a des recettes qui ne peuvent pas rater… Par exemple, un clown est, reste et sera toujours flippant et malsain parce que It (Tommy Lee Wallace, 1990) est passé par là, et un film à sketches sera toujours plus ou moins plaisant parce que le rythme sera toujours un minimum soutenu. C’est plutôt simple non ? Mais dans le cinéma bis comme partout, il y a des mauvais élèves… Funny Man (1994) de Simon Sprackling est de ceux là. Malgré la présence de Christopher Lee (R.I.P. monsieur Dracula) dans le casting, la bobine et son boogeyman n’y arrivent pas… Essayons de comprendre ça plus en détail, laissez moi juste le temps d’attraper mon DVD… Ah tiens, c’est marrant le nom du film en français est Le Bouffon de l’Horreur… Alors horreur je sais pas mais bouffon, on est d’accord !

C’est un film qui parle de quoi ?
Max Taylor
est un producteur de musique drogué et véreux. Le premier qui dit pléonasme a perdu ! Un soir, lors d’une partie de poker contre Christopher Lee, enfin, contre Callum Chance (avec un nom pourri comme ça, ça sent l’embrouille), il gagne le manoir de son adversaire du jour. Arrivé sur le lieu avec sa famille et suivi de près par son frère et un groupe d’auto-stoppeurs, ce joli petit monde réveille un bouffon (dans le sens joker hein, quoi que…) décidé à tuer tous ces connards sans trop de raisons. Notre Funny Man usera donc de ses meilleures blagues et stratagèmes pour décimer un beauf à mulet/moustache (combo), un babeloche marionnettiste en mousse, un transsexuel drogué, une nymphomane de Beverly Hills, des ados insupportables ou encore une rock star déchue… Bref, y’a du boulot…

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C’est quoi le monstre de la semaine ?
Le monstre de la semaine est un fou zombiesque à chapeau pointu (turlututu) et clochettes, le genre de type qui fait des grimaces et des blagues vraiment lourdingues. Imaginez un mix entre Jean-Marie Bigard et Michel Courtemanche et mettez lui un costume tout en couleur… Alors, ça y’est ça vous saoule déjà ?

Il fait quoi ce monstre ?
Il tue les gens qui se trouvent dans son manoir, enfin dans celui de Callum Chance quoi… Putain je m’y ferais pas à ce nom ! Comme souvent, il n’a pas trop de raison de le faire mais bon, c’est écrit sur l’affiche du film alors, pourquoi pas ? Le problème c’est que le bonhomme a tendance à vouloir faire des blagues et ça tombe souvent à l’eau parce que trop gras, trop sucré, trop salé… Il y a bien deux trois machins qui font sourire, le boogeyman sachant se montrer caustique, mais nous n’irons jamais plus loin qu’un simple soulèvement du bord de la lèvre. Ces mises en scène de meurtres pourraient également être sympas, et d’ailleurs la façon dont il déboîte la crâne de cet enfoiré d’intermittent du spectacle (le marionnettiste de tout à l’heure), c’est carrément fendard mais les autres fois, tout est trop long à mettre en place pour un final souvent bien décevant… Le côté film à sketche vitaminé a donc tendance à bien vite retomber. Dommage, dans le principe, il y avait de l’idée.

Pourquoi ce monstre est cool ?
En s’obstinant à être aussi bête et insupportable, notre Funny Man en devient incroyablement grossier. Pas que je sois du genre à m’offusquer, mais on sent bien que le bonhomme n’a plus que ça dans sa boîte à blague pour tenter de nous soutirer un effort du muscle zygomatique. Le voir se démener devant la caméra, parce qu’il brise le quatrième mur et que ça c’est cool, est plutôt drôle du coup parce que c’est comme quand un copain un peu bête nous raconte une mauvaise blague… On y peut rien, on rigole un petit coup… Voilà donc pourquoi à défaut d’être super cool, notre monstre est intéressant. Ah si, ce bouffon est également doué du don d’ubiquité, ce qui n’est jamais explicitement expliqué dans la bobine mais qui est plutôt intéressant, surtout quand notre bonhomme passe d’une victime à une autre, et peut même s’en faire plusieurs en même temps ! La créature farfelue nous prévient également quand elle va se « taper une petite branlette », cherchant probablement un peu de complicité avec le spectateur, délicat n’est-ce pas ? Et puis bon, c’est sympa parce que cette surenchère de mauvais goût et de vulgarité gratos (parce que c’est toujours plus drôle quand il n’y a pas de raison) peut s’avérer être une arme redoutable. Par exemple si un témoin de Jéovah vous squatte le paillasson, invitez le à regarder cette bobine à vos côtés. Promis, il ne viendra plus vous emmerder, ni lui, ni ses potes, ni même les relous qui viennent vous vendre des calendriers avec des chatons dégueulasses probablement bourrés de drogues pour avoir l’air aussi cons… Et vous voilà peinard pour un petit moment ! Ma crise est terminée !

Qui a fait ça ?
Étrangement, la plupart de l’équipe maquillage semble avoir travaillé sur très peu de bobines, voir aucune autre. Je n’aurais donc pas trop d’infos à vous communiquer mais sachez juste que le creature design peut un peu nous rappeler Peloquin de Nightbreed (Clive Barker, 1991), le gnome démon aux mamelons tombants de Highway to Hell (Ate de Jong, 1992) (que je n’ai toujours pas vu nom de nom) ou le Satan de Legend (Ridley Scott, 1985)… Si vous vouliez faire appel au creature designer pour votre fête d’anniversaire, je vous laisse vous démerder avec les pages jaunes…

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Le réveil du bouffon… Tout partait plutôt bien.

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Plan charismatique : ok. Après ça, c’est la chute dans les entrailles du mauvais goût.

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Le Funny Man nous parle, il nous parle tout le temps, il nous parle trop !

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Plutôt maniaque que marrant non ?

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Comment ça mise en scène trop théâtrale ? Vous trouvez ?

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Un pipi + une branlette = un programme de champion

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Bon okay, jouer au foot avec une tête, ça c’est drôle et plutôt bon enfant !

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Ne vous laissez pas impressionner par le gobelin dégueu ou la moustache du type à droite, admirez plutôt le bon goût du décorateur !

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Funny Man à la plage qui parle (encore) à sa bouée Titi (moche, mais tout de même).

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Euh, j’ai raté une étape là ?

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Un duel final digne des plus grands spagh’… Non je déconne, c’est encore un gag pourri dans lequel il est déguisé en mexicain.

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