Weekly Monstrorama #31

Je vous ai déjà parlé de mon amour pour le réalisateur canadien David Cronenberg ? Je l’avais évoqué dans un chronique sur Nightbreed de Clive Barker mais il me semble que je n’ai jamais eu l’opportunité de me pencher d’avantage sur le sujet. Alors, oui, j’adore ce réal’. Le mec a une faculté de traiter de tous les sujets possibles : science, jeu-vidéo, cinéma, sexe, cannibalisme, sado-masochisme (la liste est longue mais je m’arrête là)…  Mais cette envie de toucher à tout va de paire avec une régularité de traitement et une façon de faire récurrente. Le cinéma de Cronenberg (avant les années 2000) se caractérise par une descente graduelle dans les entrailles de la folie et par un univers visuel mettant en avant des chaires torturées en putréfaction. C’est d’ailleurs à lui qu’on doit la meilleure explosion de boîte crânienne du cinéma. Et si sa filmographie est remplie de « classiques » (le personnage faisant office d’incontournable dans le cinéma de genre) tels que Chromosome 3 (1979), Scanners (1981), Videodrome (1983), Dead Zone (1983), Le Festin Nu (1991), Crash (1996), Existenz (1999), il est une de ses œuvres qui semble planer au dessus du lot, un indémodable tant sur le fond que la forme, un classique pour les bisseux comme pour les plus néophytes, je veux bien entendu parler de La Mouche (The Fly) sorti en 1986. Sortez les insecticides, on y va…

C’est un film qui parle de quoi ?
Remake du film La Mouche Noire (Kurt Neumann, 1958) avec Vincent Price (un daron du même tonneau que Christopher Lee et Peter Cushing) et inspiré de la nouvelle de George Langelan, le film raconte l’histoire de Seth Brundle (Jeff Goldblum), un scientifique qui fusionne avec une mouche suite à un accident de téléportation. Alors oui, sur la papier ça peut paraître un peu nunuche mais je vous assure que dans le traitement, c’est loin d’être con. On suivra donc la difficile descente aux enfers physique et psychologique de notre protagoniste qui passera de l’excitation, à la folie puis à la tristesse et la violence.

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C’est quoi le monstre de la semaine ?
Le monstre de la semaine est l’un de ceux qu’on peut qualifier de scientifique fou. Désireux de mettre au point un système de téléportation, Seth Brundle voit son ADN fusionner avec celle d’une mouche et devient un mutant purulent et extrêmement athlétique.

Il fait quoi ce monstre ?
D’abord heureux de ses nouvelles facultés physiques (le bonhomme fait de la barre asymétrique comme personne et devient une vraie bête de sexe), il finit par devenir violent, quitte à arracher deux trois os d’innocents au passage. Petit à petit notre Brundlemouche (Brundlefly pour les anglophones) panique et voit son corps se décomposer lentement et sûrement. Ses seules activités se résument donc au final à grimper aux murs et dégobiller de l’acide sur des donuts pour réussir à les digérer. Ah oui, il essaiera aussi de se sauver en sacrifiant des innocents pour ré-équilibrer son ADN… Je vous avais dit que c’était une scientifique fou !

Pourquoi ce monstre est cool ?
Ce monstre n’est pas cool, mais il est classe, c’est différent. Tout d’abord la transformation visuelle par palier est parfaitement maîtrisée. Chaque apparition de notre malheureux mutant est l’occasion de découvrir une nouvelle finesse, un nouveau détail, représentatif de cette seconde puberté. Doucement mais sûrement on est témoin de sa transformation en monstre informe, hideux, gluant et repoussant qu’on aurait pas envie de croiser au fond de son abri de jardin. Cette décrépitude physique fait également écho à une gradation dans la folie. Le scientifique devient de plus en plus incontrôlable (sans doute apeuré par la mort qu’il sent imminente) et violent. Dans certaines scènes il n’hésite pas à torturer ses proies. J’aime l’idée que vouloir dominer la nature humaine et repousser toujours plus loin les limites puisse être la source de la monstruosité. Un potentiel sur-homme (ici le type est censé devenir le plus important scientifique de l’histoire et termine transformé en mouche) doit toujours faire face à la part sombre du dépassement des limites. Pour illustrer mes propos, Seth Brundle me fait énormément penser au Docteur Pretorius de From Beyond (Stuart Gordon, 1986), le côté maniaque en moins (dans le chef d’oeuvre de Gordon, le docteur est déjà pas très fréquentable avant sa mauvaise expérience). N’est pas Peter Parker qui veut. Bref, ce qui est génial avec la mouche c’est d’être spectateur de cette descente aux enfers, de regarder avec dégoût cette version alternative et gore du mythe d’Icare, l’homme qui a voulu voler trop proche du Soleil.

Qui a fait ça ?
Dès le début du générique de fin, le premier nom qui apparaît est celui de Chris Walas. le type a travaillé également sur Ennemy Mine (Wolfgang Petersen ,1985), Le Festin Nu (David Cronenberg, 1991), Gremlins (Joe Dante1984), Le Retour du Jedi (juste après le mercredi) (Richard Marquand, 1983) ou encore House II (Ethan Wiley, 1987), Piranha (Joe Dante, 1978), Humanoids From The Deep (Barbara Peeters, 1980) et Scanners (David Cronenberg,1981). Je pense tout de même que l’univers de Cronenberg a beaucoup influencé le travail graphique, pour preuve, cette scène ou le réal’ lui même joue un gyné bien géné (héhé) d’accoucher une horrible larve très cronenbergienne… Ah sinon, je vous conseille aussi de jeter un oreille à la géniale OST signée Howard Shore (et prenez le temps de vous plonger dans sa disco/filmo de malade).

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Biiiip… Brundle a fusionné avec… Biiip.. mouche… Biiip… Biiip…

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Oula Jeff, tu devrais prendre un doliprane, t’as l’air crevé !

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Et tu devrais consulter un dermato’ par la même occasion…

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Le simple fait de mordiller un crayon lui fait perdre ses dents… Ouch !

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Là, il compte les dents qu’il a perdu pour sa collection d’organes qui se trouve dans son armoire à pharmacie.

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Le scientifique est conscient que sa fin est proche…

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Hop, un petit coup d’acide pour te désouder la cheville…

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Ton corps change…

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Ah… Le côté mouche prend le pas sur le côté Jeff Goldblum…

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La transformation finale est peu ragoutante mais visuellement efficace ! On peut dire que ça fait mouche !

Mais bzzz… bzzz… Oui, c’est bien de gifs de The Fly que je vois là au loin…

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