Weekly Monstrorama #20

Je vais pas vous le cacher, il m’arrive parfois de lancer des films pour prendre ma dose vitale de conneries, d’hémoglobine, d’effets spéciaux foireux (mais jolis) et de monstres vicelards… De toutes ces jolies choses, j’en avais déjà pris des seaux plein la gueule avec Terrorvision (Ted Nicolaou, 1986). Mais dans le type alien suintant et puant qui débaroule sans trop de raisons pour envahir une petite maison familiale, notre film de la semaine se pose là aussi. Deadly Spawn, réalisé par Douglas McKeown et sorti en 1983, est une série B typique. Le budget était minime (pas plus de 25 000 $), l’équipe était bénévole et le réal’ complètement inexpérimenté. Le résultat de cette expérience bouclée en un week-end est évidemment bas du front, simple, drôle et cependant terriblement efficace… Ça tombe bien, c’est tout juste ce qu’il me fallait.

C’est un film qui parle de quoi ?
Une météorite rentre en collision avec la terre en plein milieu de la forêt. Une étrange créature en sort et décide d’aller se loger dans une maison de campagne voisine. À partir de ce moment notre bêbête grossit et se multiplie. Les membres d’une gentille famille américaine vont découvrir son existence petit à petite pour le meilleur (pour nous) et pour la plupart du temps pour le pire (pour eux). Les parents se font massacrer (dépeçage dans les règles), la tante se fait agresser, le jeune frérot essaie de l’apprivoiser tandis que le plus âgé de la fratrie essaie juste de rouler des pelles à sa gonzesse bien mignonne qui elle-même essaie de disséquer la bestiole d’outre-espace… Le bordel quoi…

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C’est quoi le monstre de la semaine ?
Le monstre de la semaine est une sorte de sangsue venue de l’espace qui grossit et se reproduit à vitesse grand V. On peut aussi y voir un anus géant et vénère à la dentition très fournie bien qu’hasardeuse. J’espère juste qu’il n’a pas l’haleine correspondante à son physique…

Il fait quoi ce monstre ?
Il se repose peinard dans la cave et se multiplie donnant ainsi naissance à une centaine de petites merdes aussi moches et vicelardes que lui. Ensuite il se déplace (difficilement) dans la baraque dans l’espoir de décimer les résidents de la maison. Bah oui, pour conquérir la Terre, faut bien commencer quelque part non ?

Pourquoi ce monstre est cool ?
Ce monstre est cool comme vous dîtes parce qu’il représente ce qu’on vient chercher dans ce genre de cinéma. Ne nous mentons pas, ce gros bout de latex maladroit est l’intérêt principal de la bobine. Avec l’explosion des séries B dans les 80’s, on a eu le droit à une tripotée de films qui se ressemblaient tous plus ou moins. Ouè vous voyez, genre les films avec un bidule spatial débarqué de nulle part pour foutre la pagaille chez nos gentils amis ricains (Terrorvision, Glutors, Critters, Night of the Creeps, X-Tro…).  La seule différence notable dans ces films était donc le monstre (quoique dans les cités précédemment, il y a vraiment des meilleurs métrages que d’autres et qu’il ne se déroulent pas tous aux States hein)… Dans ce jeu de la surenchère plastique, Deadly Spawn tire largement son épingle du jeu. Okay, le creature design est ultra minimaliste, mais la bestiole fonctionne au poil (même si elle en a aucun) car elle est parfaitement mise en avant dans chaque scène où elle apparaît. Pour cacher tous les défauts de fab’, le réal’, margoulin comme pas deux, a su faire des choix de mise en scène plutôt audacieux (jeux d’ombres chinoises, jeux de mise au point avec des flous, jeu de clair-obscur…) qui donnent à l’ensemble de cette série B standard un côté quasi artistique. Bref ce monstre est génial car c’est un véritable cas d’école. Je crois que je bave…

Qui a fait ça ?
Bien que l’équipe soit ultra réduite, on retrouve quelques personnes qui ont travaillé autour de ce freak légendaire. On citera notamment Tim Hildebrandt, responsable ici pour l’unique fois de sa vie des effets spéciaux d’un film (le gugusse passant le plus clair de son temps à travailler avec son frère sur des œuvres de Monsieur Tolkien). Mais on retrouve surtout John Dods, responsable également de nombreux méfaits dans diverses productions qui envoient le pâte comme il faut (la série TV Monsters, Ghostbusters II, Poltergeist III, Spookies, Nightbeast). Bref avec du si beau monde autour, pas étonnant de comprendre l’efficacité de notre monstre.

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Coucou, tu veux voir mes dents ?

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Une mini sangsue qui tente d’apprendre la vie.

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Email diamant, la magie du blanc !

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Au menu : salade de sangsue.

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Ah oui, non je vous avais pas dit, il y a deux trois plans bien crades… J’espère que ça vous dérange pas !

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Une jeu de flou cache misère, mais relativement joli non ?

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Mom mom mom mom…

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I’ll be back ! Comme dirait l’autre.

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Ah et petite précision, ce film déborde de références à une tripotée de films d’horreurs, non mais admirez moi ces posters !

Allez en cadeau, quelques images making-off :

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